"Le labourage et le patûrage sont les deux mamelles qui nourrissent la France..." Le duc de Sully, ministre d'Henry IV aurait pû ajouter que la France s'abrevait à une troisième mamelle: la vigne. C'était particulièrement vrai à cette époque pour la Brie: blé, fromage et vin constituaient l'essentiel de la production agricole, dont une grande partie servait à approvisionner la population des villes (Meaux, Paris).
Aujourd'hui, certains pourraient s'étonner de lire que la Brie a été aussi une région viticole. Et pourtant, il y a environ 150 ans, la viticulture représentait encore une part importante de la production agricole locale, et occupait beaucoup de monde, à Coulommes comme dans le reste de la Brie, et depuis fort longtemps.
On sait que des vignes ont été plantées aux alentours de Paris à partir du IIIème siècle. Ce sont souvent des institutions religieuses qui créèrent les premiers vignobles.
A Coulommes même, une des première mention écrite du village, vers 1172, évoque une vigne appartenant pour moitier aux Templiers, au lieu dit " Saint Pierre". [...]
Bien sûr, les autorités ou institutions religieuses n'avaient pas le monopole de la viticulture. En 1721, la seigneurie de Coulommes comprenait entre autres choses, un pressoir banal, c'est-à-dire appartenant au seigneur, et que ses sujets avaient obligation d'utiliser contre redevance. Ce seul fait montre l'importance de la vigne à cette époque: le pressoir était un équipement important, complexe et coûteux, et pour que le seigneur du lieu ait financé un tel investissement, il fallait qu'il ait eu l'assurance que les taxes payées par les vignerons lui laisseraient un bénéfice conséquent. En 1784, Coulommes comptait près de 55 arpents de vignes, c'est-à-dire plus de 23 hectares.
Si une partie du vin était réservé à l'usage des propriétaires (seigneur ou établissement religieux), ceux-ci n'en consommaient pas la totalité. Le vigneron lui-même, du Moyen-Age à la Révolution, n'en consommait qu'en de rares occasions: parmi le "peuple", seuls les habitants des villes buvaient régulièrement du vin. Vigneron, mais aussi seigneurs et eucclésiastiques écoulaient leur surplus de production auprès de la population des villes: Crécy, Meaux et jusqu'à Paris.
~Coulommes et autres lieux voisins- n°5, mai 2001~